Obligé de quitter la Guinée pour sa liberté d’expression, il se bat depuis Limoges pour obtenir l’asile

Assigné à résidence, Adama Diané risque d’être expulsé de France après avoir fui la Guinée en 2016. Il avait reçu des menaces après un entretien politique.
Son entretien avec un opposant politique au président Alpha Condé en Guinée, en 2015, lui avait coûté cher. Quelques jours après son enregistrement et sa diffusion sur une radio de Kankan, la ville fief du chef d’Etat guinéen, Adama Diané avait été forcé de quitter le pays. « Un soir, à la sortie de la radio, des hommes armés m’ont menacé et ont mis le feu à un de mes ateliers », se souvient encore le jeune homme, qui a dû laisser femme et enfant dans sa fuite.
Arrivé à Limoges en 2018, il se bat désormais pour obtenir le droit de vivre en France. Une lutte que le journaliste de 24 ans a déjà perdue devant le tribunal administratif de Limoges. « Mais nous espérons un recours du préfet pour ne pas renvoyer Adama en Italie (N.D.L.R. : lieu de son entrée en Europe). Pendant des mois, il a vécu l’horreur », explique Marie Virolle, directrice de la Revue A et membre du collectif de soutien.
Entre 2016 et 2018, Adama a subi ce que de nombreux réfugiés subissent quotidiennement, quand ils veulent quitter l’Afrique pour rejoindre l’Europe. Enlevé au Niger, il a ensuite été emprisonné en Libye. Puis, quand il a voulu traverser la mer Méditerranée, il s’est retrouvé naufragé. « Je me souviens de mon kidnapping. Un matin, un des trafiquants a sorti un homme des rangs et l’a assassiné devant nos yeux. C’était pour nous impressionner et pour ne pas que l’on s’enfuit », raconte le journaliste, qui a écrit les moindres détails de son odyssée sur des bouts de cartons, des bouts de papiers.
Des projets d’écriture
Maintenant assigné à résidence dans la perspective de son expulsion, ce journaliste persécuté tente de mobiliser l’opinion et le préfet pour obtenir un droit d’asile. Un droit qui lui permettrait de rédiger au propre des notes prises tout au long de son voyage. Un récit que la Revue A affirme vouloir publier. « Garder Adama à Limoges est un enrichissement dont on pourra s’en enorgueillir plus tard », assure Marie Virolle.

Le populaire.fr

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