Mali Bamako:Khaira Arby, grande voix du Mali, est morte

C’était une grande voix du Mali. On l’avait surnommée « la diva de Tombouctou » ou « le Rossignol du Nord Mali ». Khaïra Arby est morte dimanche 19 août 2018 dans un hôpital de Bamako, des suites d’une maladie. Elle aurait eu 60 ans l’année prochaine. Elle chantait depuis les années 70, aussi bien en songhaï, qu’en tamachek, en bambara, ou même en français, appelant à l’unité et à la paix dans son pays…

C’est dans les années 70 que Khaïra Arby se fait remarquer pour sa voix, dans les biennales qui mettent en competition des artistes venus de tout le Mali. Une première carrière, vite interrompue, quand son père, puis son mari lui interdisent de chanter. Sauf que Khaïra Arby est une forte tête. Dans les années 80, elle divorce, intègre l’orchestre Badema National, puis se lance dans une carrière solo.

Sa première cassette, Moulaye, sort dans les années 90, la rébellion touaregue a commencé. Et Khaïra Arby, qui a des origines mêlées, ne cessera dès lors d’appeler à la paix, en chantant dans toutes les langues parlées du Mali, en arabe, en bambara, en tamasheq et en sonraï et même en français. C’était une grande dame, dit Manny Ansar, fondateur du Festival au Désert, qui l’a bien connue : »ces dernières années, avec la crise, elle a joué un rôle énorme pour apaiser les esprits. Elle apparaît sur tous les écrans, sur toutes les ondes pour appeler à la paix et au calme. Elle est bien placée pour cela, car je connais Khaïra depuis plus de trente ans, et je ne sais pas si elle est arabe ou songhaï. Parce qu’en fait, elle est tout. Elle est malienne, tout simplement malienne« .

SON

En 2012, Khaïra Arby, pourtant très pieuse, avait été chassée de Tombouctou par les jihadistes, qui avaient détruit ses instruments et menaçaient sa vie. Ndiaye Ramatoulaye Diallo, la ministre de la culture malienne a tenu à rappeler le rôle bien particulier de la chanteuse qui n’avait de cesse de tisser des liens, à travers sa musique, entre les différentes communautés maliennes : « Entre blues berbère du Sahara et groove mandingue, elle est toujours restée ouverte à la diversité, poreuse aux souffles féconds du métissage, et assumant sa fonction sociale de tisserand de liens« .

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