MA lettre au Président Alpha Condé

S.E.M. le président, je vous écris cette lettre tard la nuit dans l’espoir qu’elle vous parviendra le jour et que vous prendrez un temps sois peu pour me lire.

M. le président, c’est avec le cœur sur les lèvres que j’ai pris le risque de vous crever l’abcès. Plusieurs ont déjà pris ce même risque, d’autres ont réussi et d’autres, hélas, y ont perdu gratuitement leur vie. Peut-être que vous ne le savez pas. Mais moi, fort de mon idéal, je ne cautionnerai jamais une politique que je désapprouve. Vous aurez bien voulu me lire, je sais, si cette lettre vous parvenait. Mais vous parviendra-t-elle? J’en doute.
M. le président, j’ai eu le cœur qui a tressailli de joie quand j’ai appris, en 2010, que vous avez été élu comme président de la République Guinéenne et surtout quand j’ai entendu pour la première fois, dans votre premier discours adressé à la nation, le slogan « GUINEE IS BACK ». Fier de voir que votre lutte en vallait la peine. Vous avez lutté pendant de nombreuses années pour l’instauration de la démocratie et de la bonne gouvernance en République de guinée, votre vocation première, Je pense. 40 ans. C’est le temps qui vous a fallu, parfois torturé et jeté en prison, parfois dénigré et traité de rebelle, pour que vous soyez là où vous êtes aujourd’hui grâce aux guinéens qui vous ont fait confiance et qui ont fait de votre combat leur cause. 40 ans ôtés dans la vie d’une personne pour un combat noble mérite d’être couronné par des actes louables, vous en manquez pas dans vos nombreux discours. Je suis persuadé que vous ne pensez pas le contraire, et que vous avez lutté pour que l’histoire retienne votre nom dans les annales de l’espoir, de la démocratie, de la liberté d’expression, de la cohésion sociale et surtout, par-dessus tout, du développement.
Tous ceux-ci énumérés Ci-dessus ne sont que de simples hypothèses que Je me suis faite à l’idée de comprendre qu’un homme ne gaspille pas sa vie pour le combat du remplacement de la haine par la haine.
M. le président, et puisque j’ai l’impression que mes hypothèse s’affaissent dans les cachots du désespoir, je reste tout de même optimiste .
M. Le président, Nous sommes à 2 ans de votre fin de mandat et 8 ans écoulés depuis que vous êtes à la tête de notre pays. Voici un temps nécessaire de vous remettre en question, de vous demander à savoir, ai-je accompli ma mission ou l’ai-je tout simplement trahi ? Que pense le peuple guinéen de mes 8 années de gestion ? Le peuple Guinéen, bien sûr, celui tenaillé par la misère ne sachant à quel saint se vouer, celui, loin de la capitale, vous a vendu son espoir en espérant votre retour, celui de la banlieue qui, chaque jour, est traversé par des balles et des missiles. C’est de ce peuple que je parle et non l’autre, celui dont les enfants couchés dans le bonheur se réjoui chaque jour de nos misère, celui dont l’école occidentale a fasciné, recréé et qui ne savent quelque chose de la Guinée que ce qu’ils ont lu dans les livres. Je ne parle pas de cette portion du peuple, myope.
Croyez-moi M. le président, je ne tomberai pas dans le camp de l’hypocrisie, pour vous coller laidement un bilan catastrophique, mais laissez-moi vous dire, S.E.M. le président, que le peuple guinéen, votre peuple en attendait mieux. Le père de l’électricitê, le père de l’ouverture de la Guinée sur le monde, le père du développement, j’en passe . Nous vous en félicitons, le peuple guinéen vous dit merci mais le peuple guinéen aurait voulu que vous soyez le père de la cohésion et de l’unité national, rien de plus.
M. Le président, vous avez encore le temps de rattraper l’histoire et de réconcilier le peuple avec lui-même avant votre départ. Répondez à vos nombreux rendez-vous manqués pour restaurer la paix et l’unité entre le peuple. Ce ne sont pas les moyens qui vous manquent et C’est la seule alternative pour éviter que vos nombreux efforts consentis ne tombent dans les annales de l’oubli.
Dans l’espoir que vous lirez cette lettre, je vous souhaite, S. E. M le président, de passer un bon séjour au palais.

Jean-Baptiste Gbamon Zebelamou, fils du peuple, habitant de la banl

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