A trois jours de la date officielle de proclamation des résultats provisoires, la commission électorale en RDC dit avoir compilé à peine 20% des résultats, tandis que la Cenco met la Céni au pied du mur, en affirmant connaître le nom du vainqueur de la présidentielle.

L’Eglise catholique, et c’est bien ce que lui reproche régulièrement le pouvoir congolais, a toujours été sur tous les fronts, et notamment celui de l’observation électorale. C’est le cas depuis les élections de 2006. L’Eglise peut se targuer d’avoir la mission la mieux financée et la plus importante avec 40 000 observateurs déployés sur tout le pays.

La conférence épiscopale dit disposer d’un échantillon représentatif de PV affichés dans les bureaux de vote qui lui permettent de connaître le nom du président élu. Cet échantillon porte pour l’instant sur plus de 23 000 bureaux de vote sur les quelque 70 000 bureaux installés par la Céni.

«C’est à la Céni de proclamer, nous sommes là pour observer»

« Il y a eu des irrégularités mais nous considérons par rapport aux données que nous avons que ces irrégularités n’ont pas pu entamer considérablement le choix exprimé par le peuple congolais qui a été clair (…) Une bonne majorité de bureaux avait affiché le résultat et les PV, nous sommes en possession de cela, nous sommes mieux placés par rapport au système mis en place pour nous rendre compte de la réalité du vote. Il ne nous revient pas de proclamer les résultats mais nous avons observé que le peuple congolais a fait le choix d’un candidat comme président de la République. C’est à la Céni de proclamer, nous sommes là pour observer. » a déclaré à RFI l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco.

La coupure d’internet ne ralentit pas les opérations de compilation, mais la conférence épiscopale dit continuer de consolider ses propres résultats. Par contre, elle reste très claire sur le fait que c’est à la Céni de proclamer les résultats provisoires, que la commission électorale doit veiller à ce que dans les centres de compilation des résultats, les PV de résultat papier priment sur ceux des machines à voter, que les témoins et observateurs puissent suivre ce processus, que la proclamation se fasse bureau de vote par bureau de vote.

Mais quoiqu’il arrive, les évêques se disent prêts à parler si les résultats ne sont pas conformes à ceux qui étaient affichés ces derniers jours sur les murs des bureaux de vote.

Difficultés de compilation selon la Céni

De son côté, la Céni confirme qu’elle connaît des difficultés dans la compilation des résultats. Seulement 20% des résultats ont déjà été compilés par la commission à trois jours de la date officielle de publication. C’est ce qui fait aujourd’hui douter Corneille Nangaa, le président de la commission électorale, de sa capacité à proclamer les résultats dimanche comme prévu : « On est à 20% de ce qui doit être fait, la question c’est de dire est-ce que nous tiendrons le dimanche. La Céni travaille d’arrache-pied pour que les résultats soient consolidés (…) C’est l’exhaustivité qui compte pour chaque circonscription avant d’annoncer les résultats. La Céni travaille d’arrache-pied pour atteindre son objectif. »

Cette annonce intervient après que les évêques aient fait le tour mercredi des acteurs gouvernementaux, politiques et même diplomatiques pour faire sa mise en garde. Ce qui pouvait expliquer les réticences de la Céni à annoncer des résultats, selon un diplomate, qui pourraient être contraires à ceux détenus aujourd’hui par l’Eglise Catholique.

Le CLC, le groupe de laïcs chrétiens qui avait lancé des manifestations il y a un an, a déjà prévenu. Il demande au peuple d’être vigilant. Le gouvernement, lui, a rappelé ce jeudi matin que seule la Céni avait légalement le droit de rendre public des résultats.

Rfi.

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