Madame Keita, Domani Doré, ancienne ministre des Sports, membre du RPG-Arc-en-ciel dont elle se réclame membre du comité central, et conseillère élue à la mairie de Matoto, s’est entretenue avec la rédaction de Guinee114.com ce weekend. De la politique au sport, l’ancienne conceptrice des Amazones de la démocratie et présidente du mouvement La Guinée audacieuse, a  répondu sans tabou aux questions de notre reporter.

Interview. 

Guinee114.com : sur un nombre de 17 Commissaires, la nouvelle CENI qui sera installée lundi ne comporte que quatre (4) femmes. Qu’en dites-vous, vous qui faites du combat pour la parité le vôtre ?

Domani Doré : d’abord, il faut saluer l’engagement de ces quatre femmes. Leur leadership et leur ancienneté qui capitalisent un certain nombre d’expertises qui les caractérisent parce que je vois Madame Touré qui est revenue. Et j’apprécie également que les partis politiques aient  le bon sens de proposer des femmes qui sont capables lorsqu’il s’agit de les représenter dans des  structures.

Il faut savoir que rien ne sera  offert aux femmes gracieusement. Sur le plan politique, il faut être là, c’est très difficile à cause de ce que nous savons, qui empêche parfois l’engagement des femmes. Mais à un moment donné, il faut qu’on prenne notre responsabilité, je pense que  le combat ne fait que continuer, je salue vraiment leur présence.

Je continue à penser que la féminisation de la vie politique sera une opportunité pour l’Afrique sur le plan du développement, parce que ce sont les femmes qui incarnent les choses qui nous tiennent à cœur. Le développement repose sur des secteurs comme la santé, l’éducation et la sécurité. Et avec des exemples simples, nous savons tous que les femmes sont plus touchées par les questions de santé, les femmes sont les plus touchées par les questions d’éducation.

Un enfant est considéré comme la personne qui va prendre en charge la femme plus tard. Donc, elle s’investit à fond pour que son enfant réussisse. C’est même un élément de motivation pour tous les enfants africains,  pour dire : je dois réussir pour prendre soin de ma mère.

Si nous ne sommes pas capables, nous qui sommes allées à l’école, d’être là où les décisions se prennent en termes de réflexion, pour la réforme de l’éducation, de la sécurité et les autres secteurs également…

Le Mouvement, La Guinée audacieuse, que vous coiffez, aurat-il des candidats aux élections législatives ?

Mais, oui ! Parce que le RPG est un grand parti qui participe aux élections. N’oubliez pas que je suis issue d’une liste indépendante, parce que la loi dit que pour être une candidate indépendante, ou engager une liste indépendante, il faut un creuset qu’on appelle un mouvement.  Moi je suis membre du comité central du RPG Arc-en-ciel, donc il n’y a pas d’ambiguïté à ce niveau. Pour les élections législatives, le RPG s’engagera.

Donc pour ma part, cela reste encore à voir si je serai candidate demain, mais en tout cas, j’encouragerais les femmes à s’investir sur le plan politique et surtout là où les lois vont se faire, donc les législatives.

Comment d’ailleurs appréciez-vous la prorogation du mandat des députés ?

Je vais vous dire, on a parfois  l’impression qu’en Guinée, on veut absolument réinventer la roue. Les lois ne sont pas faites pour faire plaisir simplement. Les lois sont faites pour être appliquées. L’une des lois, la constitution qui est la bible de la Nation, fait que le chef de l’Etat peut proroger en tout cas le mandat des députés. Comme vous le savez, cette CENI a été restructurée, à quel moment elle doit être prête pour organiser les élections législatives ?

Est-ce que nous allons laisser le chef de l’Etat seul légiférer ? Oui, la loi le consacre, mais nous avons des députés qui ont au moins besoin d’un espace d’expression pour le peuple qu’ils représentent. Je pense qu’il n’y a même pas de débat à faire à ce niveau, et libre à chaque député ou chaque parti politique représenté à l’Assemblée de venir siéger. Le plus important  pour la Guinée, qu’on réponde à ce que nous attendons nous même de nos textes. Voilà !

Etes-vous certaine que la CENI peut organiser les législatives en 2019 et les présidentielles en 2020 ?

Je ne sais pas, c’est un jeu de cauris. Je ne peux pas savoir ce qui se passe au niveau de la CENI. La CENI est vraiment une structure, comme vous le savez, indépendante. Vous savez, on a pris l’habitude d’être expert en tout dans notre pays. Je ne peux pas être experte sur la question de la CENI parce que ce n’est pas mon domaine…

Quand on tire les leçons des élections dernières. Et bien entendu, nous attendons de cette CENI, qu’elle nous propose un chronogramme qu’elle estimera être en mesure d’honorer les engagements vis-à-vis du peuple.

Comment réagissez-vous à l’échec de la Guinée à pouvoir organiser la CAN 2023 ?

Ce n’est pas un échec, ça été reporté à l’organisation de 2025.  Je pense qu’il ne faut pas voir  ces questions-là comme un échec, ce n’est pas une question d’échec ou de réussite. Ce qui est plus important, c’est déjà qu’on parle même de la Guinée sur les questions liées à la scène internationale comme l’organisation d’une CAN.

C’est une grande visibilité pour notre pays. D’abord,  il faut savoir que pour faire même partie des pays qu’on estime être capables d’organiser une CAN, ça veut dire que vous avez un minimum d’indicateurs qui prouvent que vous êtes un pays qui peut accueillir un rendez-vous international.

Donc, pour ma part, ce qui est important, c’est que tous les Guinéens se mettent dans une logique : la réussite de la Guinée sera la réussite individuelle de chacun d’entre nous. Aujourd’hui, la question qu’on doit se poser, c’est comment allons-nous nous organiser pour honorer la CAN de 2025. Parce que 2025, heureusement, j’apprends dernièrement que la fédération guinéenne peut s’associer à d’autres pays comme la Mauritanie pour que nous ayons une organisation conjointe.

C’est tout à l’honneur de l’Afrique, On ne peut pas prôner une Afrique face à ses responsabilités unifiées et ne pas partager la joie, l’allégresse et tout ce qui est derrière l’organisation d’une CAN, à travers l’organisation de la CAN 2025.

Moi je pense que jusqu’ici, je tire mon chapeau à toutes les structures qui sont intéressées par  l’organisation de cette CAN, qui ont réussi à nous décrocher 2025, c’est la Guinée qui gagne.

Vous avez annoncé une plainte contre le député Ousmane Gaoual Diallo, où en êtes-vous ?

Je pense que mon avocat est mieux placé que moi pour en parler. Certainement, il y a eu quelques journalistes qui ont eu ses coordonnés, et je pense que nous allons même penser à une espèce d’organisation d’une conférence de presse pour avancer la dessus. Parce que comme vous le savez, la symbolique derrière ça, c’est que ce genre de propos que l’honorable Gaoual a avancé, n’encourage pas les femmes à s’investir sur le plan politique.

En attendant, qu’elles soient de l’opposition ou de la mouvance, il faut qu’on soit respectée, et  rappeler souvent combien de fois elles ne doivent pas être celles qui ne peuvent réussir qu’en ouvrant les jambes. C’est vraiment un acte assez bas. Il faut que la loi ou en tout cas les dispositions normales et traditionnelles que nous avons dans notre pays fondent l’espoir que la plupart des gens qui vont s’investir dans la vie politique aient le minimum de décence et de moral à exprimer dans l’arène.

Pour résumer, M. Ousmane Gaoual est en rapport avec tous ceux qui sont intéressés sur le plan juridique  à poursuivre sur ces questions-là. Pour ma part, je suis déjà satisfaite parce que vous l’avez remarqué, en dehors même des acteurs politiques, chacun a reconnu qu’il a réagi de manière très maladroite pour l’image de son parti politique et surtout sur l’image des hommes qui ont du respect pour leurs mères et leurs conjointes.

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