La journée du 04 juillet 2019, j’étais chez monsieur le juge d’instruction pour lui déposer certaines preuves contre le Recteur de l’Université de Kindia et lui annoncé en même temps que le 05 juillet je serai à Conakry pour d’autres démarches.


Le même jour et à la même date, j’avais rencontré une dame du côté du CRAF par rapport à une information autour du paiement de 50.000 fg que les femmes vendeuses payeraient au Recteur à la fin de chaque mois ; donc je venais pour une enquête et je ne connaissais pas le domicile de la dame logée vers le CRAF suite à la recommandation d’un ami.


C’est ainsi que je suis venu avec un ami à moto. Rentré vers l’ancienne Direction qui est érigée en Direction du service de la scolarité, je n’y ai vu personne et nous sommes retournés vers le goudron.

Arrivé en face du Rectorat de l’Université de Kindia, j’ai demandé à mon ami de garer afin qu’on puisse demander les vigils s’ils connaissaient le domicile de la dame en question. Ayant aperçu certains d’entre eux, je me suis dirigé très poliment vers eux et je les ai salués, malheureusement aucun ne m’a répondu.

Aussitôt deux d’entre eux m’ont demandé en disant : qu’est-ce que tu es venu chercher là ? Sur ce ton, j’ai compris qu’ils ont déjà reçu des ordres sur ma personne et du coup, ils m’ont encerclé et voulant faire un pas en arrière, brusquement, ils se sont jetés sur moi et ils ont commencé à me donner des coups de main et des coups de pieds.
Violenté et ligoté par les mêmes vigils au nombre de six, ils m’ont fait assoir sur la terrasse du Rectorat et m’ont ôté ma chemise.

C’est ainsi que le chef des vigils, Camara, a appelé le Recteur et deux militaires du PA de l’Université dont j’ignore les noms, mais que je peux reconnaitre de vue ; je précise que la venue des deux gendarmes a aggravé ma situation : ils ont pris une autre corde pour me ligoter d’avantages de 22 heures à 02 heures du matin, en témoignent les traces sur mon corps.


J’étais donc sous les tortures des gendarmes et des vigils et quand le Recteur est venu avec sa délégation composée de trois autres personnes ( Monsieur Mamadi Gbèman Kaba l’assistant du Recteur, Monsieur Namory Keïta et un Journaliste Monsieur Daman Mansaré qui me photographiaient nu).


Quelques minutes après, le Recteur a encore appelé deux autres gendarmes qui sont aussitôt venus de la ville et qui sont les hommes du Recteur ; à leur arrivée, l’un d’eux m’a posé la question : qu’est-ce que tu es venu chercher à l’Université ?


Le temps pour moi de lui répondre il m’a donné des gifles et des coups de pieds, ainsi je suis tombé par terre toujours ligoté et il proférait à mon endroit des injures et menaces à travers les mots : bandit, voleur et missionnaire ; en plus, chacun d’eux disait qu’on m’a donné de l’argent pour faire tout ce que je suis en train de faire contre le Recteur.

Après toutes ses tortures, la délégation du Recteur et les quatre gendarmes se sont éloignés de moi pour un entretien ; c’est ainsi qu’ils ont décidé de me transférer sur la moto toujours ligoté comme un voleur entre deux gendarmes, l’un le conducteur et l’autre m’escortait directement au camp Kémé Bouréma de Kindia et une fois-là, les militaires trouvés ont rejeté ma détention immédiatement dans leurs locaux et finalement j’ai été conduit à la gendarmerie départementale et c’est là que j’ai été détaché, auditionné, menotté et emprisonné aux environs de 5 heure du matin et le matin, j’ai crié qu’on m’enlève les menottes en disant je ne suis pas un voleur, ni un criminel et que je ne méritai pas tout cela. Par insistance, le commandant Doré a donné l’ordre pour m’enlever les menottes et cela fut fait.


A 9 heures avec l’arrivée du Colonel Moussa 2 DIALLO, et accompagné par ses adjoints, il m’a interpelé à son bureau afin que je m’expliquer devant le Recteur ; je me suis expliqué sur la scène le vendredi 05 juillet 2019 et à la fin de mes allocutions, j’ai dit au Colonel que tout ce qui se passe aujourd’hui à l’Université de Kindia c’est par rapport au diplôme de doctorat du Recteur qui, aujourd’hui dénoncé à la justice du tribunal de première instance de Kindia ; et que c’est dans la logique de la vengeance que Monsieur le Recteur a décidé de m’arrêter à tout prix sans motif valable pour me dissuader de suivre ce problème de diplôme ; j’ai aussi dit au Colonel et à ses adjoints de dire à monsieur Jacques Kourouma d’apporter son diplôme de doctorat, de le déposer sur la table et pour cela, je leur donne ma tête à couper car je suis convaincu qu’il ne l’a pas.


Après mon interrogatoire, monsieur le Recteur Jacques Kourouma fait sortir un montant pour me donner comme prix du déjeuner, ce que j’ai refusé et le Colonel lui en personne s’est engagé à me payer le déjeuner et il ordonna à ses hommes de me traiter dans le plus grand respect digne d’un citoyen libre.
Par la suite, le chef du PA de l’Université de Kindia a envoyé tous mes effets que les vigils m’avaient retiré lorsqu’ils me violentaient, ce sont : un porte-monnaie, ma ceinture de sécurité, mon mouchoir blanc, mes deux paires de chaussure et mon téléphone dont l’écran était cassé.
Par ailleurs, le Colonel m’a encore interpelé pour m’informer que le Recteur Jacques Kourouma a porté plainte contre moi pour trois raisons : l’avoir diffamé, l’avoir menacé de mort et avoir fait le charlatanisme ; j’ai dit au Colonel que je ne les reconnais pas.
A 15 heures, le Colonel Kandja délègue un de ses gendarmes pour m’acheter un plat de fonio que j’ai mangé avec de l’eau à boire et j’avoue que les Colonels m’ont traité dans le plus grand respect qu’un citoyen libre peut avoir.
Le Colonel Kandja travaillait avec ses hommes sur nos auditions pour la saisie et après il nous a déféré au tribunal de première instance de Kindia.


Vers 17 heures nous sommes arrivés au bureau du substitut du Procureur Monsieur BAH qui a reçu le dossier par les hommes du Colonel Kandja, et j’étais avec

les trois témoins du Recteur qui sont des vigils et interrogés par le Procureur, ils ont tous témoigné contre moi.


A 18 heures 30 mn, le Procureur a demandé une personne garantie qui va signer un engagement de ma présence jusqu’à lundi matin à 9 heures pour le rendez-vous avec le Recteur ; et c’est là toujours on a laissé ma ceinture de sécurité dans les mains du Procureur et c’est sur cela que j’ai été libéré provisoirement au tribunal.
Je vous remercie.

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