Pegasus, un logiciel israélien utilisé pour espionner journalistes et militants dans le monde

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Le logiciel espion Pegasus, s'il est introduit dans un smartphone, permet d'en récupérer tous les contenus. © CC0 Pixabay/Lorenzo Cafaro

Des militants des droits humains, des journalistes et des opposants du monde entier ont été espionnés via un logiciel mis au point par une société israélienne, selon une enquête publiée dimanche dans plusieurs médias.

Le logiciel espion Pegasus de la société NSO Group, s’il est introduit dans un smartphone, permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire. L’entreprise, fondée en 2011 et qui a régulièrement été accusée de faire le jeu de régimes autoritaires, a toujours assuré que son logiciel servait uniquement à obtenir des renseignements contre des réseaux criminels ou terroristes.

Mais les organisations Forbidden Stories et Amnesty International ont eu accès à une liste, établie en 2016, de 50 000 numéros de téléphone que les clients de NSO avaient sélectionnés en vue d’une surveillance potentielle. Elle inclut les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains, ou encore 65 chefs d’entreprise… selon une analyse menée par 17 rédactions.

Ce sont des personnes qui sont clairement dans le viseur des gouvernements…

RFI

Un système d’espionnage mondial, largement utilisé par le Maroc

La plupart des journalistes marocains espionnés par le logiciel Pegasus ont deux points en commun : une voix critique et un destin souvent funeste. C’est le cas notamment du journaliste d’investigation Omar Radi, et de Taoufik Bouachrine, directeur du journal Akhbar Al-Yaoum. Le premier est en cours de jugement pour atteinte à la sécurité intérieure et viol. Et le deuxième purge une peine de 15 ans de prison pour viol.

D’autres patrons de presse marocains y figurent comme Hamid El-Mahdaoui, créateur du site Badil, et emprisonné depuis 2018 pour sa participation au mouvement social du Rif.

Des journalistes français ont également été la cible de la surveillance marocaine comme Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart qui avait soutenu la cause du Rif en 2019, ou bien le polémiste Éric Zemmour. 

Contacté par le projet Pegasus, le Maroc a nié utiliser le logiciel espion. Quant à NSO group, son concepteur, il affirme « ne pas avoir accès aux données des cibles de ses clients ».

Source: Rfi.fr

Publié par Boubacar Siddy Bah

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