L’instabilitĂ© politique en Afrique fait toujours parler d’elle-mĂȘme Ă  travers une spirale de coups d’États.

AprÚs le Mali, la Guinée ensuite le Burkina Faso on a assisté à une tentative de reversement de pouvoir en Guinée-Bissau pays dirigé par Oumar Cissoko Embalo.

Sur cette recrudescence des putchs en Afrique de l’ouest, nos confrĂšres d’Africaguinee ont interrogĂ© Bah Oury pour livrer son analyse. Le prĂ©sident de l’UDRG invoque le mutisme de l’institution ouest-africaine CEDEAO vis-Ă -vis des modifications sans consensus des lois institutionnelles par les prĂ©sidents Africains.

<<il faut constater que la faiblesse de la CEDEAO suite Ă  sa complaisance coupable en faveur du Pr Alpha CondĂ© face aux mouvements pacifistes des populations pour s’opposer au changement anticonstitutionnel pour l’obtention d’un 3Ă©me mandat en dĂ©pit d’une fĂ©roce rĂ©pression a déçu les forces dĂ©mocratiques de l’Ouest-africain. L’organisation rĂ©gionale a Ă©talĂ© la mĂȘme indiffĂ©rence face Ă  la complainte du peuple malien mobilisĂ© au sein du M5. LĂ  aussi la rĂ©pression contre les manifestants n’avait pas Ă©mu les reprĂ©sentants de la CEDEAO. En d’autres termes les pouvoirs Ă©tablis peuvent s’imposer par la force pour confisquer le pouvoir politique.

L’existence du protocole additionnel de bonne gouvernance de la CEDEAO et de la charte de l’UA sur la gouvernance, les Ă©lections et la dĂ©mocratie n’a poussĂ© ces organisations africaines Ă  assumer leur responsabilitĂ© conformĂ©ment Ă  leur mission. Ainsi, les violences des Etats ont Ă©touffĂ© les contestations dĂ©mocratiques et civiles en les noyant dans le sang. Ceci a amenĂ© les coups de force militaires comme Ă©tant les seuls en mesure de venir Ă  bout de ces rĂ©gimes notamment en GuinĂ©e et au Mali. La faiblesse du leadership du PrĂ©sident Roch KaborĂ© en butte Ă  la poussĂ© djihadiste oĂč son armĂ©e a payĂ© un lourd tribut a exaspĂ©rĂ© les militaires qui ont dĂ©cidĂ© d’abrĂ©ger son maintien au pouvoir. La tentative de coup d’Etat contre le PrĂ©sident Umaru Sissoco Embalo est d’une autre nature. La longue crise politique due Ă  l’adoption d’un rĂ©gime semi-prĂ©sidentiel oĂč la majoritĂ© reste fragile d’une part et la persistance des activitĂ©s des narcotrafiquants d’autre part mettent Ă  rude Ă©preuve la stabilitĂ© gouvernementale de la GuinĂ©e-Bissau >> a-t-il peint.

Pour sortir de la spirale d’instabilitĂ© institutionnelle, Bah Oury rappelle que:<<La stabilisation institutionnelle est Ă©galement un processus qui n’est pas automatique>> Et d’ajouter 👉 <<il est primordial d’avoir des Ă©quipes au pouvoir, patriotes, engagĂ©es pour le redressement et la transformation Ă©conomique et sociale de leurs pays, adeptes d’une gouvernance vertueuse et crĂ©dible et enfin ouvertes sur le monde. A partir de ce moment un autre cap pourra ĂȘtre fixĂ© pour rĂ©concilier les ouest-africains avec la politique et le dĂ©veloppement>>.